Accueil Culture Pr Sariette Batibonak:« Il est aussi question de ré-habiliter les médecins locaux »

Pr Sariette Batibonak:« Il est aussi question de ré-habiliter les médecins locaux »

9 min read
0
0
219

 

Pour avoir vécu, étudié et exercé plus d’une dizaine d’années en Europe (France et Suisse), cette universitaire souligne que force a été de constater que ces gens-là, bien que ce soit leur système de santé, surprotègent pour parvenir à certaines « prouesses » médicales parfois brandies, sans signaler les revers en termes d’effets secondaires irréversibles.

 

Quels sont les faits d’actualité qui vous ont poussé à avoir l’idée de réaliser cet ouvrage collectif ?

De nos jours, il n’est plus à démontrer que les africains n’ont pas les moyens des politiques médicales occidentales. Des constats sont faits au sujet de l’insuffisance du plateau technique dans la quasi totalité des structures hospitalières. N’est-ce pas plus objectif de le reconnaître ? Voilà le leitmotiv de notre réflexion. Pour avoir vécu, étudié et exercé plus d’une dizaine d’années en Europe (France et Suisse), force a été de constater que ces gens-là, bien que ce soit leur système de santé, surprotègent pour parvenir à certaines « prouesses » médicales parfois brandies, sans signaler les revers en termes d’effets secondaires irréversibles. En effet, la médecine de l’Autre est sur-soutenue par des rouages. L’Afrique et le Cameroun en l’occurrence, n’ont pas les moyens de cette politique de santé de ces pays berceaux de firmes pharmaceutiques. Notre plaidoyer demeure : Il s’agit de prendre le courage pour financer officiellement notre système de santé. Il est aussi question de ré-habiliter les médecins locaux, d’encadrer ce qui est appelé à tors, « tradi-thérapie ». Et pour chaque camerounais, il importe de s’engager à soutenir la médecine de son pays en vue de l’Émergence.

 

 Quels sont les critères qui gouvernent le choix des contributeurs ?

Les contributeurs ont été guidés par leur engagement scientifique, par leur profession, par leurs penchants vers la médecine locale. Telles sont les trois articulations qui sous-tendaient les réflexions des contributeurs à cet ouvrage. Il est ainsi nécessaire de signaler la possibilité d’un retour à la socio-médecine, d’une (re)prise en compte de la culture environnementale des acteurs, d’une (re)considération de l’ensemble du corpus patrimonial dans les soins de santé. Les auteurs ont ainsi questionné en l’occurrence un système hospitalier devenu inhospitalier. Loin d’être un jeu de mot, il n’est plus à démontrer les « sévices » vécus dans ces centres d’accueil parfois dépourvus d’hospitalité. La médecine camerounaise est à (re)prendre en considération. Les médecins camerounais méritent un traitement équitable. Étant donné que la vie et l’espérance de vie de tous gravitent autour des questions de santé, nous rappelons que tous sont concernés par cette problématique. Prenons le courage de repartir à zéro pour plus d’efficacité et d’efficience, nantie d’une nouvelle politique de santé publique.

 

3 – Allez-vous, comme la majorité des intellectuels africains, vous limiter à la production de cet ouvrage ? Vue la sensibilité des questions soulevées tout comme la densité de votre plaidoyer, des actions sont-elles en vue afin que votre idée germe et inonde l’opinion publique nationale ?

Les questions soulevées ne sauraient être sensibles. Elles sont réelles et réalistes. Toute personne responsable est appelée à avoir ce courage. Et les Camerounais ont fait preuve de plus que de courage dans des situations des plus complexes. Le tournant médical camerounais ne serait qu’un des pas déjà franchis par ces vaillants patriotes. Ce tournant médical mérite d’être inscrit comme une des modalités non moins négligeables de l’Émergence tant attendue.

Nous ne nous limiterons pas à un ouvrage. Outre la cinquantaine d’articles rédigés dans diverses thématiques connexes, ce livre « Nouveaux » thérapeutes au Cameroun, est le 2e de la série d’une aventure que nous désirons être longue, débutée en octobre 2017 et se poursuivant à travers les ouvrages suivants, dirigés ou co-dirigés par l’un d’entre nous (Sariette et Paul Batibonak). Sans être exhaustif, quelques titres aideront à comprendre notre focale.

Discours anti-sorcellerie dans les pentecôtismes camerounais, Paris, L’Harmattan, Collection Émergences africaines, 2017, 234 pages ; Marché médiatique de la guérison divine au Cameroun, Ouvrage collectif, Paris, L’Harmattan, Collection Études africaines, Série Sociologie, 2017 ; Une diplomatie au service de l’émergence du Cameroun, Ouvrage collectif, Paris, L’Harmattan, Collection Études africaines, Série Politique, 2018, 348 pages ; Sciences sociales et santé en Afrique : Questions méthodologiques et épistémologiques, Ouvrage collectif, Douala, Éditions Cheikh Anta Diop, 2018, 322 pages ; Décentralisation et santé en Afrique : Enjeux et stratégies des acteurs, Éditions Cheikh Anta Diop, 2018, 252 pages  ; Le développement autrement : Craquelures localisées du développement au Cameroun, Ouvrage collectif 2018, 320 pages (à paraître) ; Financement des organisations religieuses au Cameroun, Douala, Éditions Cheikh Anta Diop, 2018, 202 pages (à paraître).

De ces sept ouvrages susmentionnés trois traitent des questions de guérison et de santé. L’aventure continue pour une prise en charge de notre destin.

Propos recueillis par Guy Modeste DZUDIE

Contact des auteurs : savoir.dev777@gmail.com

Plus d'articles similaires
Plus de Modeste
Plus dans Culture

Laisser un commentaire

Check Also

Dénonciation : Amnesty International épingle le gouvernement Camerounais pour 130 disparus à l’extrême-nord

AMNESTY INTERNATIONAL ANNONCE MÉDIAS 9 MARS 2020 Cameroun. Cinq années d’angoisse pour les…