Accueil Culture Cameroun,Flaubert TABOUE NOUAYE :« La consommation culturelle et partant du patrimoine est embryonnaire dans notre société »

Cameroun,Flaubert TABOUE NOUAYE :« La consommation culturelle et partant du patrimoine est embryonnaire dans notre société »

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Conservateur du Patrimoine – Directeur Ccjld de L’Ong/Fjfg, il parle des enjeux de cette exposition de Bangoulap.
On se souvient qu’à l’occasion de la journée internationale des Musées le 18 mai de cet année, le CCJLD conviait le public Cameroun a un débat qui fut très houleux sur la problématique d’une consommation culturelle Universelle des Collections Africaines en occident, peut-on voir dans cette web visite le dénouement de cette démarche ?
On peut voir après la visite au Ccjld ici à Bangoulap au Cameroun et en direct du Musée du Quai Branly Jacques Chirac à Paris de cette riche exposition de plus de 300 œuvres crées en Afrique au cours des siècles derniers, un début de solution comme votre question semble l’insinuer à la problématique d’une consommation universelle des œuvres africaines présentent dans les collections occidentales. Ceci est peut être une évidence pour ceux qui suivent l’actualité et les programmations culturelles de notre centre. Mais à la vérité, c’est juste une coïncidence, parce que pendant la JIM dont vous faites allusion, nous n’étions pas encore au courant du montage par le MQB de la présente exposition “Les Forêts natales Arts d’Afrique équatoriale atlantique”. Comme cela a été dit à l’entame de l’exposition, l’idée est née d’une synergie entre la présidente fondatrice de l’ONG/FJFG, Mme Ly Dumas et l’association des amis du musée du Quai Branly Jacques Chirac. Une démarche originale, qui vise à faire profiter au public camerounais de tous les bienfaits que peut procurer une telle exposition. Il est important de le signaler que notre démarche vise aussi à mettre en relation cette association avec d’autres structures patrimoniales camerounaises afin que le maximum puisse en bénéficier, nous pensons ici au Musée National à Yaoundé, le Musée des Civilisations à Dschang pour ne citer que ceux-ci.
Au cours des échanges entres le public venu nombreux et les conférenciers du Quai Branly, la modération que vous assumiez n’a pas été facile, notamment autour de la question de « rétrocession à l’Afrique des dits biens culturels qui font la fierté de l’occident et de leurs établissements patrimoniaux, pour ne citer que l’exemple du Quai Branly Jacques Chirac.
Oui, vous avez constaté comme moi, que ce problème taraude l’esprit de tous les africains et même d’autres occidentaux qui pensent que tous ces regalias devraient être rétrocéder à l’Afrique. Mais il faut dire que ce n’est pas un problème spécifique à l’Afrique. Il faut remarquer aussi que ce n’est pas toutes les collections africaines présentes en occident qui l’ont été de mauvaise méthode, et par conséquent assujettis à la démarche de rétrocession sans concession. Il est aussi important de remarqué que le contexte dans lequel ces œuvres sont parties d’Afrique est un peu révolu pour d’aucuns, notamment pour un bonne partie des occidentaux, qui ont vite fait de me mettre sur pied des législations qui rendent difficiles une telle rétrocession même si le contexte historique de l’acquisition venaient à être « nauséabond ». Vous savez, le plus intéressant ici à l’issu des débats qu’a engendré une telle initiative, c’est cette prise de conscience de notre jeunesse sur la place qu’occupe nos biens culturels dans notre processus de développement. N’oublions pas que dans une cinquantaine d’année encore, nous seront à un siècle d’indépendance et ce sera une grande honte pour les adultes d’aujourd’hui si nos enfants se voyaient confronter aux mêmes problèmes que nous aujourd’hui. Ceci dit, nous devons mettre un accent sur la médiation culturelle et la sensibilisation de notre jeunesse car le patrimoine d’aujourd’hui sera le patrimoine ancien de demain. Si la protection de notre patrimoine d’hier ne représentait pas une priorité pour nos parents, aujourd’hui il est plus qu’impérieux pour nous, et la première démarche c’est sa diffusion à travers une consommation tout azimut, notamment par notre jeunesse.
Parlant de la jeunesse, on constate que vous lui avez consacré toute une séance de cette série de web visite. Quelle est votre motivation ?
La motivation est celle des objectifs de l’ONG/FJFG, à savoir investir de manière concrète pour un avenir meilleur. Vous comprenez que la jeunesse est la meilleure garantie pour atteindre sans heurte à cet idéal cher à la présidente fondatrice de cette organisation non gouvernementale de droit camerounais. Aujourd’hui, le patrimoine est inscrit dans plusieurs pans de nos programmes scolaire, or la culture de la consommation culturelle et partant du patrimoine est encore embryonnaire dans nos sociétés. Vous savez, il ya quelques années, rare était le jeune qui finissait son cursus scolaire et académique après avoir eu la chance de découvrir un site patrimoniale ou un espace culturel. Ceci dit, pour que demain les choses changent, il faut déjà aider les jeunes qui seront les protecteurs de ce patrimoine demain, a le comprendre, à l’appréhender, à s’interroger sur sa nécessité pour leur autodétermination, ainsi ils sauront mieux préserver et défendre ce patrimoine.
Propos recueillis par Guy Modeste DZUDIE

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