Accueil Economie Bolloré assigne France 2 en justice à cause d’une enquête au Cameroun

Bolloré assigne France 2 en justice à cause d’une enquête au Cameroun

8 min read
0
0
334

Le groupe critique entre autres, les témoignages d´un salarié présenté comme mineur et d´autres qui dénoncent leurs conditions de travail dans une palmeraie.

Le groupe Bolloré a assigné France 2 en justice et lui réclame 50 millions d´euros pour la rediffusion de l´émission « Complément d´enquête » consacrée à l´industriel breton Vincent Bolloré et à ses activités en Afrique, qui selon lui nuirait à ses « intérêts commerciaux ».

La rediffusion jeudi de l´enquête « qui intervient quelques semaines après la diffusion de cette émission totalement à charge et tendancieuse à l´encontre du Groupe Bolloré, caractérise désormais une volonté avérée de lui nuire en le dénigrant gravement », estime-t-il dans un communiqué.

L´émission « Vincent Bolloré, un ami qui vous veut du bien? », qui retrace le parcours de l´industriel breton, de la reprise de la fabrique familiale de papier à cigarettes OCB en Bretagne à la construction de son empire diversifié en passant par sa présence en Afrique et la reprise en main de Canal+, « porte atteinte à ses intérêts commerciaux », juge le groupe.

« Afin de mettre un terme à cette campagne insidieuse », il « a assigné France 2 afin d´obtenir réparation devant le Tribunal de Commerce de Paris de son préjudice évalué à 50 millions d´euros », indique le groupe Bolloré, maison mère qui chapeaute les participations diversifiées de l´homme d´affaires.

Ni France 2, interrogée par l´AFP, ni les réalisateurs de l´enquête n´ont souhaité faire de commentaire dans l´immédiat.

Ces poursuites assez inédites devant le Tribunal de Commerce, et non la justice civile, pour un montant important de 50 millions d´euros, pourraient s´avérer dissuasives pour les médias qui veulent se pencher sur les activités du groupe Bolloré.

Vincent Bolloré s´exprime très rarement sur ses activités en public ou dans les médias, sauf quand il s´agit de son projet fétiche, la voiture électrique Bluecar.

Le groupe estime que l´enquête comporte « des erreurs manifestes et des diffamations délibérées qui lui portent préjudice », selon une source proche.

– Un témoignage au Cameroun contesté –

Il critique notamment la partie de l´enquête filmée au Cameroun dans une plantation d´huile de palme dans laquelle témoigne un salarié présenté comme mineur et d´autres qui dénoncent leurs conditions de travail.

complement-d-enquete-il-n-y-a-pas-le-debut-d-un-commencement-de-verite-dans-les-accusations-de-bollore,M344752

Le groupe conteste ce témoignage sur le fond et argue par ailleurs qu´il n´a aucune responsabilité dans la gestion de cette plantation, prioriété de la Socfin, l´un des planteurs les plus importants au monde, dont il est l´actionnaire à 39%.

Il a aussi été irrité par le témoignage à charge de Jacques Dupuydauby, un ancien associé condamné par la justice espagnole.

Si la première diffusion de l´émission le 7 avril dernier avait déjà provoqué une forte réaction de Vincent Bolloré, qui avait évoqué des poursuites en diffamation, c´est sa rediffusion jeudi qui l´a poussé à réagir dès le lendemain.

D´autant que l´émission « avait déjà décidé le 9 juin 2016 de revenir sur ce sujet », a souligné le groupe.

Le présentateur de l´émission, Nicolas Poincaré, avait répondu ce jour-là à des accusations de bidonnage, portées par Vincent Bolloré quelques jours plus tôt, concernant la séquence sur la plantation au Cameroun. Le journaliste avait démenti « formellement » qu´un jeune garçon témoignant dans le documentaire et d´autres apparaissant sur les images aient été payés pour mentir sur leur âge.

Si sa présence est rare dans les médias, Vincent Bolloré a depuis longtemps montré un intérêt à acquérir des actifs dans ce secteur. Il détient le quotidien gratuit Direct Matin et s´est offert les chaînes Direct 8 et Direct Star, revendues à Canal+ en 2011, qui lui ont permis de s´inviter au capital de Vivendi à l´issue d´un échange d´actions.

Il est aujourd´hui le vrai dirigeant de Vivendi, en contrôlant 15% de son capital via le groupe Bolloré, et a repris en main personnellement Canal+, le fleuron du groupe, qu´il essaye de relancer au prix d´un grand renouvellement des cadres et des animateurs de la chaîne cryptée.

Source : AFP

Plus d'articles similaires
Plus de AFP
Plus dans Economie

Laisser un commentaire

Check Also

Atheletisme : L’intersexualité divise toujours autant

Il semble que le monde du sport ne sait pas encore comment composer avec une athlète comme…